Dessin

               

Ce vendredi un déclic s’est produit : le groupe des « fameux dessinateurs aphasiques » ont pris leur marque. Une expérience sur leur aphasie s’est révélée des plus concluantes.


Voyez plutôt…


Pas à pas nous avons cheminé vers une confiance absolue, les uns envers les autres. La pudeur a fait place à un extraordinaire chemin vers l’expression de soi. En effet, c’est qui a ouvert la voie en dessinant, à partir d’un pied de vigne, la parole de son aphasie qui apparemment évolue. Alors d’abord. Il a entrepris de croquer un arbre avec des feuilles. Et puis il a vu une tulipe à travers les courbes que je lui avais préparé auparavant, cette tulipe s’est transformé en cerveau coupé en deux par en ligne distincte. Là, il a vu un visage de profil. Il m’annonce pourquoi je n’y rajouterai. Pas une langue, symbole de la voix. Une glande de l’homme a pris sa place et une queue de cheval en forme de sapin de Noël. Là j’ai compris qu’il voyait son aphasie et que décidément l’envie de parler est criante de vérité. La semaine suivante après un entretien téléphonique avec Jacqueline, une amie, et le début d’une amitié qui s’annonce flagrante chez Camille, Jacqueline et moi avions pris parti qu’elle dessinerait une maison rassurante : la maison de son enfance. C’est Camille qui l’a aidé en y imaginant un œuf. Un vrai cocon d’amour où la coquille est protégée de couleurs agréables et chaleureuses. Là on voit apparaître et oui… un fœtus serré par la gorge au bout duquel un cordon ombilical a du mal à sortir du ventre de sa maman. La maman elle est créée dans un forme douce et spirituelle dans les tons de violet qui fait justement référence au cerveau ; le tout caché dans une oreille qui « est dure de la feuille » d’après Camille. Peut - être qu’elle a besoin de se faire entendre. De ce fait la feuille est magique. Une coccinelle court sa chance et la bête à bon dieu nous porte bonheur. Le soleil et le vert sont bien là. Camille en va jusqu’à exprimer son enfance avec son nounours, le dauphin symbolise la douceur de la peau. Elle n’en dira pas plus.

Jacqueline nous a tous surpris en émotions qu’en révélation. Elle a eu le courage d’exposer ses pleurs de joie. « Une délivrance » me dira-t-elle après. Elle énonce des cœurs multiples qui sont légers et petits mais. Un plus important apparaît avec l’aphasie par des lignes régulières mais

accidentées et même un gros éclair traverse le cœur rouge et flamboyant, il y a de la vie dedans, d’autant plus que Jacqueline m’a demandé mon aide pour y rajouter une bouche qui éclate d’un « OUF! » heureux et délivré de toute souffrance. D’après Gladys ses cœurs sont l’amour que Jacqueline peut s’apporter et l’amour que retrouve avec son prochain pour ma part.

Bref des expériences qu’on vit rarement avec autant de richesses, et je vous remercie à vous qui m’ouvrez votre cœur pour y voir le tréfonds de votre mal qui se transforme en réparation évidente.




Sophie THIBAUDAT.